Petit croche patte
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Le 4 juillet 2009, le trafic sur la ligne B du RER avait été interrompu par une grève suite à l’agression d’un conducteur. La radio RTL révèle aujourd’hui que les faits ne se seraient pas réellement passés comme l’avait alors déclaré la victime. Dans cette histoire, le conducteur aurait été l’agresseur et non l’agressé. C’est le visionnage des vidéos de surveillance qui a révélé ce qui semble être, sinon une invention, au moins une exagération.
Le 4 juillet, premier week-end de départ en vacances, un conducteur de la ligne B du RER affirme avoir été agressé par deux hommes en gare du Nord. Ses collègues avaient alors exercé leur droit de retrait, paralysant la ligne qui mène à l’aéroport Roissy Charles de Gaule. Mais RTL révèle aujourd’hui que ce serait en réalité le conducteur lui-même qui aurait déclenché la bagarre après avoir été victime d’un « petit croche-patte ».
Selon la radio, les images de surveillance montrent le conducteur emprunter un escalator suivi par deux individus. L’un d’entre eux ferait un « petit croche-patte » au conducteur. S’en seraient suivi un échange violent et plusieurs coups de poing de la part du conducteur lui-même. Effectivement, ce conducteur a, si ce n’est inventé, du moins exagéré. Il ne s’est pas fait agresser. Il a juste subi un « petit croche-patte » de la part de deux mecs qui le suivaient. Un petit. Pas un gros. Le même petit croche-patte que celui de la semaine précédente. Croche-patte qui s’ajoutait déjà à la longue liste d’incivilités que l’on observe quotidiennement dans nos grandes villes, venant toujours des mêmes, et qui vont du geste déshonorant au crachat sur la chaussure en passant par l’insulte et… le petit croche-patte.
C’est dans ce climat d’amour de l’autre et de vivre ensemble que l’on nous demande de continuer à baisser les yeux. Parce que si on répond, on devient l’agresseur. Dans cette histoire du RER B, selon le journaliste du Monde, c’est le conducteur qui a déclenché la bagarre. C’est écrit noir sur blanc. Le croche-patte, surtout quand il est petit pour ne pas dire affectueux, n’est pas déclencheur de bagarre. Du tout. Le coupable c’est celui qui répond à ce croche-patte amical.
Le message est clair. Toi, Français, tu fermes ta gueule. On te crache dessus ? Tu fermes ta gueule. On insulte ta copine dans la rue ? Tu fermes ta gueule. On te fait un doigt d’honneur ? Tu fermes ta gueule. On te fait un petit, tout petit, minuscule croche-patte ? Tu fermes ta putain de gueule !
Sauf que sans la légitime défense, il ne reste plus que la légitime attaque.
Un jour, si Dieu le veut, nous allons nous réveiller. Un homme aux idées radicales prendra le pouvoir, et il appliquera son programme. Alors, les journalistes du Monde et les faiseurs de petits croche-pattes seront indifféremment balancés par paquets de douze dans des fosses communes. Ce sera un véritable massacre, les Arabes seront jetés sur les rails de RER par les masses révoltées, femmes et enfants compris.
Et quelques décennies après ce bain de sang, on expliquera aux gens que le « Mal » s’est encore une fois abattu sur notre vieux pays. Sans raison. Sans prévenir. Au hasard. C’est ce qu’on apprendra aux gamins dans les écoles. Que la bête immonde est venue des Enfers pour assouvir son appétit destructeur, et c’est tout. Rien d’autre à expliquer. Et on fera confiance aux historiens, journalistes et philosophes du 22e siècle lorsqu’ils nous diront qui a déclenché la bagarre au début du 21e.
Qui a agressé l’autre en premier.
XYR