L'esclavage en terre d'Islam
Dans
l'esprit de beaucoup l'esclavage est une affaire de mauvais Blancs, aujourd'hui
rongés par le remords et la culpabilité. La traite ? Des négriers patibulaires
ou des planteurs de canne à sucre sans foi ni loi et cyniques. Posant sur ces
postulats un regard neuf, Malek Chebel fait le voyage au pays des esclaves,
tant en Afrique orientale que dans les pays du Sahel, du Maghreb et du Golfe,
au Proche-Orient et en Asie. Il en tire un constat terrible : l'esclavage est
en réalité la pratique la mieux partagée de la planète, un phénomène quasi
universel. Depuis plus de quatorze siècles, l'islam interdit de réduire
quiconque en esclavage, croyant ou non-croyant, Blanc ou Noir. Pourtant, ce
phénomène demeure encore vivace : l'islam couvre-t-il les esclavagistes ? Les
encourage-t-il ? Qui s'en soucie dès lors que le tabou occulte ces questions
qui dérangent ? Pour décrypter les nouvelles formes que prend la servitude dans
le monde arabo-musulman, l'auteur reconstitue avec minutie le développement
d'une culture esclavagiste qui s'est greffée sur l'islam. L'esclavage dans le
monde musulman a touché plus de 20 millions de personnes sur 10 siècles. Il a
duré officiellement jusque dans les premières décennies du XXe siècle, une
soixantaine d'années après son abolition en Occident.
Jamais aucun responsable religieux musulman ne s'est prononcé pour son abolition.
La loi islamique ou charia, qui s'appuie sur le Coran et les dits du prophète (hadiths), considère qu'en pays d'islam, seuls sont esclaves les enfants d'esclaves et les prisonniers de guerre.
Elle autorise d'autre part la réduction en esclavage de quiconque provient d'un pays non musulman
* Auteur : Malek Chebel
* Éditeur : Fayard
* 496 pages
* Prix : 22 €
* ISBN-10: 2213630585
* ISBN-13: 978-2213630588
À Brunei, au Yémen, dans les pays du Sahel, chez les Touaregs, en Libye, dans le Sahel tunisien, en Égypte, en Arabie, en Mésopotamie, au Soudan ou à Djibouti, il n’est pas un lieu gagné par l’islam où ne se soit jamais pratiqué le commerce d’esclaves. Malek Chebel, anthropologue algérien.