Être papa au Québec

 

 

 

Elle avait parlé d'amour, d'avenir, de fidélité.

Ils étaient devenus des conjoints de fait.

Sans le consulter, elle s'était fait un enfant.

Amoureux peut-être, généreux sûrement.

Il avait accepté l'adoption légale de l'enfant.

Il était fier d'être papa, d'avoir une famille.

 

L'enfant à 6 mois.

Elle s'est aperçue qu'il n'était qu'un homme ordinaire...

Qu’il avait des défauts...

Elle l'a mis à la porte de leur logement.

Il est à la rue. Sa vie s'est arrêtée.

Il n'aura plus de contact valable avec son fils...la cour y verra.

Avec un peu de chance, il pourra le voir quelques heures par semaine.

Quand à son éducation, même les écoles ne tiendront pas compte de lui,

Ne l'informeront de rien.

Il ne pourra qu'être le témoin des succès ou des échecs, mais n'aura plus son mot à dire.

Il ne pourra que souffrir de l'existence de ce fils, regretter, se questionner.

Elle aura l'aide prévu pour les monoparentales.

Elle aura (elle a déjà) un ami qui participera aux finances de la maison.

Elle aura son fils pour elle tout seule.

Lui, paiera, paiera, paiera.

Pour un fils qui finalement n'est plus le sien.

Pour un fils dont il ne choisira ni les vêtements, ni les jouets, ni les jeux, ni les loisirs, ni les sports, ni les écoles, ni la ville où il vivra, ni l'avenir...

 

S'il part trop loin où trop longtemps avec le fils, on l'accusera de kidnapping et il ira en prison.

Si elle part dans une lointaine ville avec leur fils, il devra subir.

 

S'il cesse de payer la pension décidée par Monsieur le Juge, on saisira ses biens, et bientôt son permis de conduire et son passeport, et s'il est d'Alberta on publiera sa photo sur le web et on le montrera du doigt comme un dangereux criminel.

 

Si elle le désire, elle abandonnera ce fils en garderie chaque jour, aux frais de l'impôt qu'il paiera, et on dira d'elle qu'elle est émancipée.

 

S'il parle trop fort à son ex, on l'accusera de violence et on l'enfermera sous simple présomption; il sera fiché comme un dangereux criminel.

 

Si elle lui parle fort, si elle le frappe, on dira qu'elle a du caractère, qu'elle se défend, qu'il le méritait.

 

Il devra payer pour ce fils, mais en remettant l'argent à l'ex, par l'intermédiaire du Ministère du Revenu, sans droit de regard sur ce que devient cet argent si durement gagné et sans savoir si son enfant en bénéficie.

 

Il paiera tellement que son revenu net sera inférieur aux allocations qu'il recevrait du BS.

Et, s'il trouve une nouvelle compagne de vie, de nouveaux jugements de cour viendront la mettre à contribution pour son ancienne épouse.

En bon Québécois, « Y'est faite ! »

 

Jean-Claude Boucher

 

 

Scénario pour la mort d’un père de famille.

 

Daddy More

 

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