JOURS ORDINAIRES DANS UN COLLÈGE DE SEINE SAINT-DENIS

 

Ça fait pas mal de temps que le ver est dans le fruit.
Petit retour en arrière...

Inutile d'ajouter que ça ne s'est pas amélioré depuis !

 

En 1997, des élèves d’un collège de Seine Saint-Denis sont impliqués dans de multiples incidents.

Ceux-ci font l’objet de rapports écrits qui évoquent : des règlements de compte, agressions, bagarres, gifles, coups de pieds, morsures de seins, crachats, jets d’urine, défécation, rackets à l’argent et aux devoirs.

Des détériorations et vols de matériel :

Bris de vaisselle au réfectoire, vitres « descendues » au lance-pierres, rideaux lacérés, murs défoncés, poignées de porte arrachées, serrures bloquées, toilettes saccagées trois fois en une semaine…

Des mises en danger d’autrui :

Incendies volontaires de poubelles, extincteurs vidés, saccage du système d’alarme, blocage d’une classe lors d’un exercice d’évacuation…

Des enseignants dont une majorité de femmes insultées :

« Good morning salope », « va te faire enculer », « Maquerelle », « je te rote et te pète dessus »…
Des professeurs menacés : « je vais vous mettre deux baffes », « je vais te ramener mon père pour vous casser la gueule », « je vais te casser les dents…la tête »…
Des professeurs agressés : jets de bombes lacrymogènes au visage, jets de bombes colorantes dans les cheveux, jets de craies et de ciseaux, crachats…

Des détériorations de véhicules…
Des agressions,s d’élèves par d’autres élèves, avec insultes à connotations racistes : « salauds de Blanc », « salaud de Juif »…

Ce climat a provoqué :
Le départ de plusieurs élèves blancs ou juifs qui sont victimes de discriminations raciale et/ou religieuse
Le signalement de vingt-cinq élèves auprès de la Brigade des mineurs du commissariat de Pantin, suivi de plusieurs convocations devant des magistrats.
Plusieurs réclamations individuelles en main courante de la part des professeurs.

Un cours d’histoire ordinaire.
Extraits du Journal de bord d’un professeur d’histoire-géographie de troisième technologique, dans le même collège de Seine Saint-Denis.

Semaine du 20 au 25 octobre 1997 : jeudi 14h30.
La classe entière fait n’importe quoi. Je gesticule seule avec ma « pyramide des âges »

Boubakar baratine Vanessa. Les filles, Binta et les autres, vendent leurs produits de beauté.

Les garçons poussent des cris et se fichent éperdument du cours.

Cecilia fait sa correspondance et papote avec Virginie.

Je m’arrête dix minutes avant la fin du cours, découragée.

Semaine du 8 au 13 décembre 1997, vendredi 11h.
Cours sur l’agriculture française : huit élèves en retard ; odeurs très fortes d’eau de javel sur les filles revenues des toilettes. Cécilia se fait les ongles, et se met du rouge à lèvres…

Barka se déplace et donne des carambars à Cécilia. Les autres mastiquent des bonbons.

Depuis le début du cours, les boulettes volent vers moi. Je punis la première rangée.

Christian avoue, de même qu’Onder qui me traite plusieurs fois de « morue »

Semaine du 19 au 24 janvier 1998, vendredi 11h
Cours horrible.

Entrée : cavalcade des garçons excités. Loïc poursuit et frappe Boubakar qui l’avait giflé ; chaises renversées, clameurs. Retard des filles. Vingt minutes perdues.

Le contrôle peut commencer.

Beaucoup ne savent pas de quoi on parle (contrôle prévu depuis huit jours sur l’énergie).
Quelques un travaillent, les autres copient. Vincent est allongé, les pieds sur une chaise.

Daniel et Jeremie, tourné vers le radiateur, détruisent la peinture du mur.

Onder propose de montrer ses couilles à Virginie. Vincent hurle « morue » à Christian qui me pose une question, mais ne m’écoute pas quand je lui réponds.
11h50 : ils ont fini, se disputent, s’apprennent des insultes en turc ou en arabe.

Il faut tenir dix minutes encore. »

Le dénigrement de la police.
Le 4 janvier 1995, un « animateur » de Skyrock, radio « jeune », salue la mort d’un gardien de la paix qui vient d’être abattu à Nice d’une balle dans la tête : « Un flic est mort, c’est plutôt une bonne nouvelle. » Fier de sa trouvaille, il la répète à plusieurs reprises. Il n’a pas voulu choquer ses auditeurs, bien au contraire. Pour lui, tous les jeunes haïssent les flics et applaudissent quand l’un d’eux se fait tuer. La haine du policier a aussi atteint des sommets dans plusieurs composantes de l’ultra-gauche et dans les franges de l’intelligentsia dite progressiste. Ces milieux ont trouvé scandaleux que plusieurs syndicats de policiers poursuivent Nique ta mère pour « provocations directes au meurtre d’agents de la force publique et apologie du terrorisme ». La sanction en appel qui frappa ces « distingués troubadours » était de deux mois de prison avec sursis et vingt-cinq mille francs d’amende. L’ultra-gauche et le ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy, dénoncèrent une « atteinte à la liberté d’expression », des menaces sur la « liberté de création ». Ils appelèrent le Malraux de « La condition humaine » et de « l’Espoir » à la rescousse. Pour défendre qui ? Non pas les chanteurs, mais deux vociférateurs qui traitent les policiers de « fascistes », « d’enculés », leur « pissent dessus » et disent en substance aux « jeunes » : « Vous êtes au chômage, vous êtes exclus, vous êtes victime du racisme, eh bien allez y, défoulez-vous, cognez sur les flics, ça vous défoulera ! »

Je rappelle que jack Lang, alors ministre de la Culture, a ouvert à Senlis un musée du tag, nouvel art majeur de notre temps, consacré le rap en accueillant le groupe Nique ta mère à l’Élysée...
Le message de NTM est reçu cinq sur cinq : des « jeunes » se défoulent en cognant les policiers.

À Marseille, sur la Canebière, des fans du groupe de rap IAM avertissent les « flics » : « Lorsque nous sortirons les fusils, ce sera la guerre totale ».

 

 

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