Petite histoire de l’Histoire

 

Alaric

 

 

 

De l’an 200 à 400 : les barbares font la mode

Il fallait bien que cela arrive. « Rien n’est jamais acquis » dit le poète.

Et il a bien raison : « la pax romana » bat de l’aile, les frontières de l’Empire subissent des assauts de plus en plus fréquents des Germains du Nord. On renforce le limes (une ligne de défense et de fortifications le long du Rhin). Mais c’est peine perdue.

 

Une armée mixte

À vrai dire, les barbares sont là depuis déjà bien longtemps. Ils ont peu à peu infiltré la population gauloise, de façon discrète d’abord, sans coup férir, en s’intégrant d’autant plus facilement aux villes et aux villages qu’ils arrivaient en tout petit nombre. Et puis, bientôt, peut-être à cause de la baisse de la fécondité des Gallo-romaines, ils se sont enhardis au point qu’en 330, l’empereur Constantin les autorise à porter leur emblème, à chanter leurs hymnes guerriers. Et voici l’armée romaine qui se transforme en armée mixte où les coutumes franques - les coutumes barbares - concurrencent les traditions impériales.

 

Ils portaient des culottes et des bottes

A Rome, la barbarie - c’est-à-dire, finalement, la différence - séduit et attire, sans doute parce qu’elle libère du carcan des habitudes et des codes. Ainsi, vers la fin du IVe siècle à Rome, la jeunesse - ou bien un certain âge mur - porte les cheveux à la barbare, c’est-à-dire bien long, le plus long possible, pour provoquer ceux qui tiennent à la coutume des cheveux courts.

On quitte la toge et on porte des braies, les pantalons de l’époque avec toutes les fantaisies de taille et de longueur qu’on imagine facilement pour en être témoin aujourd’hui. On chausse des bottes de barbares. Et ainsi, on s’avance dans la ville, fier d’avoir adopté la mode nouvelle venue du nord, avec au fond de soi la jubilation cynique des provocateurs ! Jubilation d’autant plus vive que trois édits ont interdit toutes ces manifestations ostensibles de sympathie barbaresque !

 

La suite est connue : en 410, Alaric met à sac la ville de Rome. Cela créera, dans le monde antique, un choc comparable au 11 septembre pour nos contemporains. C’est le début des invasions barbares, qui détruiront l’Empire romain. L’Europe plonge dans le Moyen-âge, et mettra 1000 ans à s’en relever, au moment de la Renaissance.

 

 

Toute ressemblance avec la situation actuelle …

Extrait de « L’Histoire de France pour les nuls » de Jean-Joseph Julaud.

 

 

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