SOS Ma France !

 

Jean-Paul Orcel

 

 

Tu parles haut, tu aboies fort,

Tu bouges comme un sémaphore,

Tu voues à cri, tu voues à cor

Les keufs, les kébours à la mort

La haine pour fonds de commerce

Sur son feu de l’huile tu verses,

Crache ton venin dans la soupe

Et je devrais battre ma coulpe ?

Alors quand tu causes «2ta France«2

Dans ton sabir de violence

Moi le vieux con ou le vieux sage

Mais vacciné contre ta rage

J’aimerais que tu te souviennes

Que ta France est aussi la mienne

Qu’elle ne t’a pas attendu

Pour se jeter à corps perdu

Dans sa quête de liberté

Pour une aube d’humanité

 

Enfants de Villon de Molière

De Ronsard, Hugo ou Rimbaud

Il faut ravauder nos bannières

Déjà chiffons presque lambeaux

 

Ma France elle a brisé ses chaînes

Pour qu’aujourd’hui l’on s’y promène

En citoyen, en citoyenne

Et non pas comme chien et chienne

À qui tu jettes en pâture

Tes insultes et tes injures.

Ma France elle a porté sa croix

Pour qu’on ait droit aux mêmes droits

Le droit de l’ouvrir ou se taire

D’être Rousseau, d’être Voltaire

De monter sur les barricades

Arborer bonnets et cocarde

Ayant parfois pour cette cause

Vécu ce que vivent les roses…

Alors ta capuche ou ta bâche

Tes airs de méchant qui se fâche

L’agressivité de ta tchatche

Ça fait plutôt « teuf » des potaches !

 

Ma France c’est la rhétorique

L’art de bonir, la poétique

Des nuits passées sur le métier

Des rimes qui prennent leurs pieds

Pour te chanter dans leur musique

Je t’aime et non pas je te nique.

Bien sûr elle n’est pas clean-clean

Elle a ses tarés, ses « bling-bling »

Dans sa cuirasse des faiblesses

Dans ses dessous des bâts qui blessent

Dans ses dessus du sang… dessous

Sous ses gros sous des « sans-le-sou »

Dans sa droiture des bavures

Dans son armure des fêlures

Mais quand tu soulèves son heaume

Te voilà tout petit-bonhomme

Chamboulé dans ton cœur de môme

Devant le sein des droits de l’homme

 

Heureusement tous les rappeurs

Ne sont pas des « sème-la-peur »

Et j’en connais, merci Solaar,

Faisant à part du grand « rap-Art »

D'autres qui portent le costar

Et de son « Lipopette-bar »

Jongle avec la jungle des mots

Dans sa néo-parade-Oxmo

Mais pour eux, silence radio !

Nous devrions pauvres idiots

Savoir que les plus grands rappeurs

Qui des médias font le bonheur

Et les gros choux gras des majors

Sont ceux qui hurlent à la mort

Alors… qu’on la gerbe ou la baise

Ou qu’on siffle sa Marseillaise

Avec la quasi-couverture

Des fossoyeurs de la culture

De cette décadente prose

Ma France en a plus que sa dose

De ces virulentes offenses

Elle en a jusque-là… ma France !

 

Enfants de Villon de Molière

De Ronsard Hugo ou Rimbaud

Il faut déployer nos bannières

Il faut raviver nos flambeaux...

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Jean-Paul Orcel

 

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