SOS Ma France !

Tu parles haut, tu aboies fort,
Tu bouges comme un sémaphore,
Tu voues à cri, tu voues à cor
Les keufs, les kébours à la mort
La haine pour fonds de commerce
Sur son feu de l’huile tu verses,
Crache ton venin dans la soupe
Et je devrais battre ma coulpe ?
Alors quand tu causes «2ta France«2
Dans ton sabir de violence
Moi le vieux con ou le vieux sage
Mais vacciné contre ta rage
J’aimerais que tu te souviennes
Que ta France est aussi la mienne
Qu’elle ne t’a pas attendu
Pour se jeter à corps perdu
Dans sa quête de liberté
Pour une aube d’humanité
Enfants de Villon de Molière
De Ronsard, Hugo ou Rimbaud
Il faut ravauder nos bannières
Déjà chiffons presque lambeaux
Ma France elle a brisé ses chaînes
Pour qu’aujourd’hui l’on s’y promène
En citoyen, en citoyenne
Et non pas comme chien et chienne
À qui tu jettes en pâture
Tes insultes et tes injures.
Ma France elle a porté sa croix
Pour qu’on ait droit aux mêmes droits
Le droit de l’ouvrir ou se taire
D’être Rousseau, d’être Voltaire
De monter sur les barricades
Arborer bonnets et cocarde
Ayant parfois pour cette cause
Vécu ce que vivent les roses…
Alors ta capuche ou ta bâche
Tes airs de méchant qui se fâche
L’agressivité de ta tchatche
Ça fait plutôt « teuf » des potaches !
Ma France c’est la rhétorique
L’art de bonir, la poétique
Des nuits passées sur le métier
Des rimes qui prennent leurs pieds
Pour te chanter dans leur musique
Je t’aime et non pas je te nique.
Bien sûr elle n’est pas clean-clean
Elle a ses tarés, ses « bling-bling »
Dans sa cuirasse des faiblesses
Dans ses dessous des bâts qui blessent
Dans ses dessus du sang… dessous
Sous ses gros sous des « sans-le-sou »
Dans sa droiture des bavures
Dans son armure des fêlures
Mais quand tu soulèves son heaume
Te voilà tout petit-bonhomme
Chamboulé dans ton cœur de môme
Devant le sein des droits de l’homme
Heureusement tous les rappeurs
Ne sont pas des « sème-la-peur »
Et j’en connais, merci Solaar,
Faisant à part du grand « rap-Art »
D'autres qui portent le costar
Et de son « Lipopette-bar »
Jongle avec la jungle des mots
Dans sa néo-parade-Oxmo
Mais pour eux, silence radio !
Nous devrions pauvres idiots
Savoir que les plus grands rappeurs
Qui des médias font le bonheur
Et les gros choux gras des majors
Sont ceux qui hurlent à la mort
Alors… qu’on la gerbe ou la baise
Ou qu’on siffle sa Marseillaise
Avec la quasi-couverture
Des fossoyeurs de la culture
De cette décadente prose
Ma France en a plus que sa dose
De ces virulentes offenses
Elle en a jusque-là… ma France !
Enfants de Villon de Molière
De Ronsard Hugo ou Rimbaud
Il faut déployer nos bannières
Il faut raviver nos flambeaux...
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Jean-Paul Orcel