Le jour du Stade de France

N’oubliez pas le jour du stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
N’oubliez pas les yeux, les regards affolés
Des pauvres gamines qu’ils ont humiliées
Parce qu’elles ne voulaient pas se soumettre
Ni plier les genoux, ni nier leur être
N’oubliez pas les pleurs, les larmes
De celles qu’ils ont frappées, battues
Parce qu’elles ne voulaient pas du voile
Et pire : les larmes de celles qui se sont tues
Non, n’oubliez pas le jour du Stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
N’oubliez pas les cris les suppliques effarées
De celle qu’ils ont violée; de celle qui fut brûlée
Assassinée, de celle qui grillait sous les huées
De ceux qui caillassaient les pompiers
Qui venaient pour la sauver et qui en furent empéchés
N’oubliez pas ceux qui brisèrent
La plaque à sa mémoire l’enfouirent sous les ordures ;
Pour eux c’était une chienne, aujourd’hui comme hier
Non, n’oubliez pas le jour du Stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
N’oubliez pas celles qui se soumettent et s’avilissent
Qui après s’être vendues nous ont donnés ;
Et qui en acceptant leur esclavage trahissent
Leurs sœurs et leurs frères et toute l’humanité
N’oubliez pas ceux qui au nom de la démocratie
Leur permettent d’assassiner la démocratie ;
Ceux qui au nom de la liberté et de l’humanité
Les aident à tuer la liberté et à souiller toute dignité ;
Non, n’oubliez pas le jour du Stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
N’oubliez pas les grands bûchers qu’ils ont allumés
Partout dans le monde, jusque dans vos cités ;
Ils y ont brûlé nos livres et lancé les malédictions
Et les appels au meurtre –vous étés restés sans réaction
Ils ont falsifié l’histoire, perverti la mémoire
Leurs complices ont interdit la parole la pensée
Et à travers des raps de propagande ils vous salissent
Et appellent sans en avoir l’air à la chasse aux juifs
Et la bouche en cœur nient être antisioniste
Non, n’oubliez pas le jour du Stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
Les inquisiteurs les autos - décrétés maître de la pensée
Au nom de Marx leur ont accordé leur bénédiction
Ils finiront comme ont toujours fini leurs alliés
À la bouche un bâillon, pendu à un croc de boucher
Vous ne compreniez rien : vous pensiez être solidaires
Vous pensiez bien faire et vous marchiez vers l’abîme
Vous les accueilliez dans vos maisons : ils en dressaient l’inventaire
Vous plaignez leur misère : ils riaient de vous voir si naïfs
Non, n’oubliez pas le jour du Stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
Maintenant votre maison est en flammes, votre vie : une ruine
Et vos filles vous maudissent et vos fils sont morts
Mais ils sont encore nombreux les aveugles, ceux qui se sont aveuglés
Parce que c’est plus facile, comme pour se protéger du sort
Tous les jours et partout dans ce pays c’est Munich
La démission et la peur et surtout la grande illusion
En espérant que demain enfin tout s’arrange, que les salauds fraternisent
Et après nous le déluge, les choses s’arrangeront
Non, n’oubliez pas le jour du Stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
Les Jean Moulin d’occasion, les soi -disant résistants, de pacotille,
Chantent avec les loups ils appellent la France : une « garce »
Ils haïssent la France et eux-mêmes : il leur faut un fanatisme
Ils ne sont pas des résistants : à peine un ersatz de Milice
Mais ils tiennent l’argent et les médias et sont complices
Des maîtres marchands du monde pour qui les frontières sont des entraves
Et qui se serviront d’eux pour eux par eux et de leurs Milices
Et des hommes libres de ce pays demain, ils feront des esclaves
N’oubliez pas le jour du stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
Ce jour-là c’est sur vous qu’ils ont vomi
Et sur tous nos idéaux et nos luttes d’hier et d’aujourd’hui
Parmi nous aussi beaucoup déjà ont trahi
Comme dans toutes les guerres l’envahisseur trouve ses complices
Parmi les faibles, ceux et celles qui se détestent et nous haïssent
Alors, combattre jusqu’à ses frères- là devient un supplice
Mais c’est bien le choix qu’il nous reste : se battre ou mourir
Et toujours, pour toujours, résister à la barbarie
Alors, n’oubliez pas le jour du stade de France
Comme ils ont craché au visage de la France
Limnux